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L'aversion au risque l'emporte avant l'ultimatum de Trump
information fournie par Reuters 07/04/2026 à 18:16

Bourse Euronext Amsterdam

Bourse Euronext Amsterdam

par Claude Chendjou

Les Bourses européennes ont terminé en baisse mardi et Wall Street était également dans le rouge à mi-parcours dans une ‌séance dominée par la prudence alors que l'île iranienne de Kharg, d'où partent 90% des exportations de pétrole du pays, a été visée par plusieurs frappes, provoquant une nouvelle envolée du brut, à l'approche de la fin de l'ultimatum du président américain Donald Trump.

À Paris, ​le CAC 40 a fini sur une perte de 0,67% à 7.908,74 points, pour le retour des cotations après le long week-end de Pâques. Le Footsie britannique a reculé de 0,80% et le Dax allemand a reflué de 0,99%.

L'indice EuroStoxx 50 a perdu 1,07%, le FTSEurofirst 300 1,04% et le Stoxx 600 0,96%, tous ses grands compartiments ayant terminé dans le rouge, à l'exception de celui de l'énergie (+0,47%).

Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,89%, le Standard & Poor's 500 de 0,90% et le Nasdaq de 1,21%. ​Sur le plan sectoriel, l'indice technologique, très sensible à la montée des taux d'intérêt, abandonne 1,29%, avec notamment une chute de 4,16% d'Apple, tandis qu'à l'opposé le secteur de l'énergie sur le S&P 500 prend près de 1%.

A l'approche de l'ultimatum fixé par Donald Trump mercredi 00h00 GMT pour parvenir à un accord avec l'Iran, ni Téhéran ni Washington n'ont ​opté pour des signes d'apaisement au risque d'effrayer davantage les marchés financiers.

Un responsable américain a déclaré à Reuters que des frappes américaines ⁠avaient visé des cibles militaires sur l'île stratégique iranienne de Kharg, sans toutefois toucher des infrastructures pétrolières, tandis que le vice-président américain, JD Vance, a souligné que ces frappes ne constituaient pas un tournant dans la stratégie américaine.

Un responsable iranien ‌a toutefois prévenu que si les Etats-Unis s'en prenaient aux centrales électriques iraniennes, l'Arabie saoudite et toute la région seraient plongées dans le noir, menaçant de fermer par ailleurs le détroit de Bab-el-Mandeb, en plus de celui d'Ormuz.

Dans le même temps, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que Tsahal avait visé des ponts et des voies ferrées en Iran, ce qui pourrait constituer une violation du droit humanitaire international ​et un crime de guerre. Donald Trump, de son côté, à mis en garde sur le fait ‌que "toute une civilisation allait mourir ce soir, pour ne jamais réapparaître", en référence à son ultimatum.

Malgré ces nouvelles frappes et cette rhétorique guerrière, deux sources pakistanaises ont dit à Reuters ⁠que les efforts visant à faciliter les pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran se poursuivaient, laissant les investisseurs un peu plus dans le flou.

Dans l'immédiat, cela s'est traduit par une envolée des cours du pétrole, des tensions dans l'obligataire et une montée en flèche de l'indice VIX de la volatilité.

"Il semble que nous soyons à un moment charnière", relève Philip Shaw, chef économiste chez Investec.

"Les scénarios possibles sont les suivants : soit on obtient un cessez-le-feu négocié, au moins temporaire, soit on assiste à une escalade majeure du conflit, et les marchés ⁠sont véritablement dans l'incertitude. C'est la raison pour laquelle nous ‌attendons tous des nouvelles pour ce soir ou dans la journée de mercredi concernant les négociations", a-t-il ajouté.

VALEURS EN EUROPE

Universal Music Group (UMG) a grimpé de 11,40%, Vivendi de 9,10% et Bolloré de 3,76%, les trois ⁠sociétés étant liées alors que Pershing Square, le fonds de Bill Ackman, a proposé de fusionner son véhicule d'investissement avec UMG dans le cadre d'une opération évaluée à environ 55,75 milliards d'euros, selon les calculs de Reuters.

Le secteur des médias en Europe a bondi de ‌4,09%.

Leonardo a chuté de 8,05% après des informations de presse selon lesquelles le groupe italien de défense serait sur le point de remplacer son administrateur délégué.

ASML a reculé de 4,07% après une proposition américaine de nouvelles restrictions sur les ⁠exportations d'équipements de fabrication de puces électroniques vers la Chine. Le secteur technologique en Europe a abandonné 1,95%.

Les géants pétroliers BP (+1,06%), Shell (+0,69%), Eni (+0,81%) ont fini dans le vert dans le ⁠sillage de la hausse des cours du pétrole.

PÉTROLE

Le marché pétrolier est ‌en forte progression mardi avec un brut américain en passe d'achever la séance sur un pic depuis 2022, à l'approche de l'expiration de la date butoir fixée par Donald Trump pour une réouverture du détroit d'Ormuz, alors que l'Iran n'a montré aucun signe d'une ​possible inflexion de sa position.

Le Brent monte de 0,91% à 110,72 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 3,59% à ‌116,46 dollars.

CHANGES

Le dollar reste ferme face à un panier de devises de référence, se négociant mardi près de ses sommets de 11 mois, avant l'échéance imposée par les Etats-Unis à l'Iran.

"Personne ne sait si cette échéance est une nouvelle tentative de pression maximale de la part de la Maison blanche, mais ​tant qu'il n'y aura pas de nouvelles d'un cessez-le-feu, ou peut-être d'un report de l'échéance actuelle, le dollar devrait rester soutenu", prévient Chris Turner, responsable changes chez ING.

L'euro avance de 0,27%, à 1,1572 dollar, tandis que la livre sterling s'échange à 1,3246 dollar, en hausse de 0,11%.

Le Vieux continent, plus vulnérable à un choc pétrolier, se prépare à des hausses de taux d'intérêt pour contenir l'inflation, montrent les contrats à terme.

TAUX

Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans monte de près de trois points de base, à 4,36%, ⁠à l'approche de la date butoir fixée par Donald Trump.

Le président de la Réserve fédérale de New York, John Williams, a déclaré mardi que le choc énergétique résultant de la guerre allait faire grimper l'inflation globale au cours de cette année, tout en réaffirmant que la politique monétaire était bien adaptée pour faire face à la situation de l'économie américaine.

Le rendement du Bund allemand à dix ans a fini à 3,03%, après avoir ouvert à 2,99% et grimpé en séance à 3,09%.

Celui du Gilt britannique de même échéance a progressé de 11 points de base en séance à 4,95%, sa plus forte hausse depuis le 26 mars.

LES INDICATEURS DU JOUR

Le moral des investisseurs en zone euro s'est effondré en avril avec la guerre en Iran, montre l'indice Sentix ressorti à -19,2 points.

La croissance du secteur privé a ralenti à un creux de neuf mois avec un indice PMI composite de la zone euro tombé à 50,7 en mars.

Le secteur des services en Grande-Bretagne a enregistré en mars sa plus forte hausse mensuelle des coûts depuis 2021 et l'indice PMI du secteur ​a décéléré à 50,5.

A SUIVRE MERCREDI :

(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Benoît Van Overstraeten)

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2 commentaires

  • 18:30

    Les copains de trump ont fait le plein et, une fois de plus, il va encore inverser la vapeur, demain bien vert et les copains vendront pour racheter à la prochaine menace...


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